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Mois : avril 2018

La Lettre d’Informations 2.2018

La Lettre d’Informations 2.2018

Chère ou cher collègue apiculteur,

J’ai le plaisir de vous adresser votre bulletin d’Infos 2.2018 … Quelques informations utiles  (j’espère):

Pour toute demande complémentaire de produits au même tarif, suite à une augmentation de votre cheptel, un courrier sur papier libre, doit nous être adressé avant le 31 Mai, avec le paiement et récépissé de votre déclaration de rucher 2018 modifiée.

Votre engagement auprès de notre structure sanitaire vous permet de mieux protéger votre cheptel, d’accéder aux Informations sanitaires et administratives, de bénéficier d’un accompagnement pour les démarches règlementaires, de participer collectivement ( Plan Sanitaire d’Elevage ) à la lutte contre Varroa et autres menaces ou maladies sur les abeilles, d’accéder à des tarifs préférentiels pour l’achat des produits antivarroose et pour l’abonnement à la revue « La Santé de l’Abeille, de bénéficier de conseils et si besoin d’une assistance sanitaire.

Votre soutien est précieux ; il nous permet de gérer les différents points précédents, et de maintenir votre représentation dans les Organisations Régionale (Section Apicole OVS) et Nationale (FNOSAD).

Retour sur notre début de saison :

Comme annoncé dans notre première Lettre d’Infos 2018, la sécheresse qui a perduré l’automne dernier ne laissait rien présager de bon ; Peu de remontée de couvain car peu ou pas de miellée de fin de saison, abeilles fatiguées par le nourrissement intensif de compensation, varroa plus agressif dans un contexte de milieu de reproduction restreint, stress du frelon asiatique dans certains petits ruchers, autant de premières causes d’affaiblissements ou de pertes de colonies.

Au redémarrage, la douceur jusque début Février a autorisé un développement fort des colonies rescapées qui ont consommé leurs dernières réserves ; mais les épisodes de froid, neige et humidité qui se sont enchainés fin Février, Mars et début Avril ont engendré blocage et retard de presqu’un mois en basses Cévennes ; avec à la clé de grosses famines, fatales pour un deuxième lot de ruches. Les ruches rescapées ont une configuration de début Avril habituel ; espérons que la miellée d’Acacia sera au rendez-vous, cette fois, pour les remettre à niveau, et notre moral avec !

Retour sur l’AG 2018 : Organisée cette année au Pôle Culturel de Rochebelle à ALES, elle a encore connu une belle fréquentation ; les échanges ont été fructueux et enrichissants, donnant une bonne assise aux actions à engager. La « restauration solidaire » a été un moment fort de convivialité, dénotant par son originalité et sa générosité, simples mais authentiques. Sébastien HOFFMANN, notre futur Vétérinaire Conseil, a présenté en après-midi un rappel des données de lutte sur l’ennemi numéro un des ruches, Le Varroa (voir le résumé en article joint).

Le Conseil d’Administration s’est étayé de quatre nouveaux membres : Philippe BALANT, Marceau LACROIX, Jean Michel PERRONNEAU et Alain TETU.

La « Déclaration annuelle de Détention et d’Emplacement de rucher » :

La déclaration en ligne ne pose plus trop de problème maintenant. Doit-on encore rappeler qu’elle doit être renouvelée systématiquement entre le 1° Septembre et le 31 Décembre de chaque année ?

Le récépissé de cette déclaration, ou de sa mise à jour, doit accompagner toute demande d’adhésion au GDSA 30.

Se préparer à l’arrivée du Petit Coléoptère de la Ruche (PCR), Aethina Tumida, sur notre territoire …

Récit d’une affaire récente en cours, qui n’est plus un scénario catastrophe, mais bien la réalité :

-Des œufs suspectés être des œufs d’Aethina tumida ont été identifiés le 17/04/18 par le laboratoire d’analyses vétérinaires agréé du Bas-Rhin (LDA67) dans le cadre du contrôle au lieu de première destination de cagettes et d’ouvrières accompagnatrices d’un lot de 1000 reines d’abeilles importées d’Argentine le 26/03/18.

– Les premiers résultats des analyses conduites le 20/04/18 par le Laboratoire national de référence sur la santé des abeilles de l’Anses Sophia-Antipolis (LNR) n’ont pas permis d’écarter la suspicion d’Aethina tumida.

– Les reines du lot suspect ont été introduites dans des ruchers de huit exploitations apicoles, dans les départements de la Drome, du Vaucluse, de l’Ardèche, du Loir-et-Cher, et du Maine-et-Loire. Les directions départementales en charge de la protection des populations de ces départements mènent actuellement des enquêtes de traçabilité afin d’identifier l’ensemble des ruchers destinataires de ces reines. Ces ruchers sont placés sous arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS) jusqu’à ce que tout risque soit écarté, ce qui implique notamment une restriction des mouvements d’abeilles, de produits et de matériels apicole, ainsi qu’un renforcement de la vigilance.

– La Direction générale de l’Alimentation (DGAl) a saisi en urgence le 23/04/18 l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour une évaluation du risque d’introduction et de diffusion d’Aethina tumida sur le territoire national dans le cadre de cette suspicion. La DGAl se basera sur les conclusions de l’avis de l’ANSES attendu d’ici le 02/05/18 pour définir les mesures les plus appropriées pour gérer ce risque, voire adapter les modalités de surveillance et gestion des lots importés de reines.

– Le petit coléoptère des ruches Aethina tumida est un parasite ravageur des colonies d’abeilles présent dans plusieurs pays répartis sur tous les continents. En Europe, il a été découvert en 2014 dans le sud de l’Italie, sa dissémination est actuellement limitée à la région de la Calabre. L’introduction en France de ce danger sanitaire de première catégorie aurait des conséquences sanitaires et économiques désastreuses pour la filière apicole.

– Tout lot d’abeilles ou de bourdons introduit sur le territoire national, quelle qu’en soit l’origine, doit obligatoirement être accompagné d’un certificat sanitaire officiel. Il est interdit d’introduire des abeilles, des bourdons, des sous-produits apicoles non transformés, des équipements apicoles et du miel en rayon en provenance des zones infestées. Le respect de la réglementation relative aux mouvements des animaux et des produits d’origine animale assure le maintien de la protection de l’ensemble du territoire. Il convient de prendre contact avec la direction départementale en charge de la protection des populations en amont de toute introduction en France d’abeilles ou de bourdons provenant de l’étranger. Le non-respect de la réglementation expose non seulement à des risques sanitaires, mais aussi à des poursuites pénales.

– La prévention et la vigilance sont l’affaire de tous. En cas de suspicion d’Aethina tumida, il convient d’informer au plus tôt la direction départementale en charge de la protection des populations ou un vétérinaire.

La lutte contre le Frelon Asiatique, Vespa Velutina – Piégeage de printemps 2018 :

Merci aux 80 piégeurs qui participent activement au réseau de piégeage de printemps et qui communiquent leurs données sur la messagerie francois.barnouin@free.fr ; le bilan final permettra de mesurer l’impact sur les nids.

Visite des Techniciens Sanitaires Apicoles (TSA) :

Dans le cadre du Plan Sanitaire d’Elevage, vous êtes visité si possible tous les cinq ans ; Votre participation minimale à la vie du GDSA est d’accueillir favorablement le collègue TSA qui vous rend visite. Les TSA ont une formation sanitaire qui leur permet de faire un premier diagnostic en cas de maladie et de vous conseiller dans vos pratiques sanitaires ; c’est une visite conseil. La relation qui s’établit est toujours cordiale et fructueuse. Le bureau du GDSA vous remercie à l’avance pour l’accueil amical que vous réserverez au TSA chargé de faire cette visite. L’appel à candidature à la formation de TSA est toujours d’actualité pour un stage à l’automne 2018.

Vos photos pour votre site internet du GDSA 30 :

Notre site internet www.gdsa30.fr a fait peau neuve. Pour pouvoir l’illustrer au mieux, nous faisons appel à vous « apiculteur photographe » pour nous faire parvenir vos plus beaux clichés. Ils seront publiés dans une galerie photos entièrement dédiée à notre passion commune, l’abeille bien sûr, mais pas que : ruches, ruchers, miellerie, apiculteur au travail, cellule royale, clin d’œil apicole insolite etc…

Alors, à vos smartphones, appareils photos numériques ou encore à vos archives !

Merci de nous envoyer vos photos sur contact@gdsa30.fr en précisant en objet : « appel à photos »

En envoyant vos photos vous acceptez implicitement qu’elles soient libres de tous droits d’utilisation et/ou de reproduction. Au plaisir de voir vos créations sur www.gdsa30.fr

Lors de l’AG 2018, Sébastien HOFFMANN, notre futur vétérinaire conseil nous a présenté un diaporama au sujet du varroa, réalisé par le SNGTV (Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires).

A l’exception des notions théoriques, voici le résumé des aspects pratiques évoqués.

Quelques conseils et repères sont à souligner :

Le couvain de mâle est préféré par la fondatrice varroa pour sa reproduction. En effet, la durée plus importante du développement « sous opercule » du faux bourdon lui permet de produire une fille de plus.

NDLR : Ce n’est pas une raison pour bannir tout couvain de mâle, car il faut penser aux fécondations de nos reines. Et le couvain de mâle bien géré peut être utilisé comme moyen de lutte complémentaire contre le varroa.

En plus d’être vecteur du virus des ailes déformées (DWV), il a été prouvé que le varroa est un hôte pour la multiplication du virus.

Aucune colonie n’est exempte de varroa, car la ré-infestation est permanente.

SUIVI DE L’INFESTATION EN VARROAS ET DE l’EFFICACITE DE TRAITEMENT :

1- ESTIMATION PAR COMPTAGE DES CHUTES NATURELLES

Aucun traitement (avec AMM bien entendu) ne permet d’atteindre 100 % d’efficacité. Afin d’évaluer la situation, après le traitement de fin de saison par exemple, il est utile de réaliser des comptages. La méthode de comptage la plus aisée est la «chute naturelle» : on compte les varroas tombés naturellement (sans traitement) à travers le plancher.

En fonction de la taille du rucher, le nombre minimum de ruches sur lesquelles on réalise un comptage est défini statistiquement :

Un lange graissé reçoit les varroas chutés. Il faut observer les chutes sur au moins 15 jours.

NDLR : On ne compte que les varroas matures, c’est-à-dire colorés en brun foncé. L’idéal est de totaliser les chutes grâce à plusieurs comptages intermédiaires (plus facile à compter s’il y a peu de salissures, moins de chance que le lange soit utilisé par les fourmis comme « garde-manger »). Pour les planchers aérés en plastique, il faut appliquer un coefficient multiplicateur, car les « pleins » occupent une surface significative, où les salissures dont les varroas morts sont nettoyés par les abeilles (NDLR) et où un varroa encore actif peut se raccrocher à une abeille. En cas d’utilisation de ces planchers, multiplier le total des chutes sur le tiroir de fond par 1,3, afin de pouvoir comparer aux seuils exprimés pour un plancher totalement grillagé en mailles métalliques.

Le comptage des chutes naturelles totales par ruche est divisé par la durée du comptage en jours.

Le seuil critique, à partir duquel une action complémentaire est nécessaire, est défini en fonction des saisons :

Malgré le traitement principal de fin d’été avec des médicaments AMM, le contrôle d’efficacité est nécessaire. Imaginons une très forte infestation avant traitement de 2’000 varroas, qui est envisageable et décrit comme atteignable dans les études.

Malgré une efficacité du traitement à 95 %, il subsiste 100 varroas résiduels. Or les études actuelles définissent le seuil d’infestation théorique en sortie d’hiver, pour ne pas subir d’atteintes dommageables avant le traitement principal de la saison suivante : il est de 50 varroas.

NDLR : Cette infestation n’est pas vérifiable en pratique. On note toutefois qu’elle est faible. Mais les apiculteurs qui ont déjà réalisé des comptages de chute naturelle savent que les chutes totales sur 15 jours peuvent largement dépasser 50. D’où le bienfondé de ce seuil de 1 varroa par jour (rappel : en fin de saison).

Tout dépassement du seuil critique devrait donner lieu à une planification de traitement complémentaire : dégouttement ou pulvérisation d’APIBIOXAL (à base d’acide oxalique) en l’absence de couvain, en principe aux alentours des fêtes de fin d’année, suppression de couvain de mâle, création d’essaims.

A noter : à ce jour, le GDSA30 n’organise l’acquisition que d’un seul traitement de longue durée par an. Nous devrions envisager, avec notre futur vétérinaire conseil, une évolution de ce protocole.

2- ESTIMATION PAR COMPTAGE SUR COUVAIN DE MALES

Une autre méthode de comptage est le dénombrement de couvain de mâle infesté. Sur une base de 300 cellules de mâles, si plus de la moitié est infestée, alors le seuil critique est également atteint.