RESEAU de LUTTE Frelon Asiatique – Campagne de Piégeage de Printemps

RESEAU de LUTTE Frelon Asiatique – Campagne de Piégeage de Printemps

PRÉFACE :

Certaines Organisations Sanitaires Apicoles ont essayé, dès l’arrivée de Vespa Velutina, de construire un plan de Lutte contre cette espèce invasive. En effet le Frelon Asiatique (FA) s’est tout de suite révélé grandement nuisible pour nos abeilles. Le GDSA 30 ( OSAD Départementale ) est l’une d’entre elles, et organise la lutte FA depuis 2008, année de l’arrivée du FA dans le Gard. Plusieurs axes d’attaque sont développés et notamment le piégeage de printemps raisonné.

Illustration Frelon Asiatique

Sous l’égide de GDS France et de la FNOSAD, un Groupe de Travail ( GT ) a été constitué pour élaborer un plan national de lutte contre les frelons asiatiques Vespa Velutina et Orientalis destiné à être fonctionnel au printemps 2022. Ce GT a réuni l’ensemble des organisations apicoles concernées par la lutte contre ces espèces exotiques envahissantes : FNOSAD, GDS France, ADA France, GNTSA, INTERAPI, ITSAP.

Le cycle biologique du frelon asiatique est annuel ; Seules les femelles fondatrices de la nouvelle génération survivent à l’hiver. Elles se mettent en hivernage dans des endroits abrités et émergent au début du printemps pour fonder de nouvelles colonies.

Une étude réalisée entre 2016 et 2019 par l’ITSAP-Institut de l’Abeille et ses partenaires sur trois départements français, a révélé́ que le piégeage des fondatrices permettait de faire diminuer le nombre de nids.

Le piégeage, qui ne permet pas l’éradication, doit être ciblé et renouvelé chaque année. Il s’inscrit dans le cadre d’un Plan général de Lutte FA, incluant l’information et le soutien des différents acteurs possibles, la surveillance, l’observation et la détection des nids primaires, les recensements d’alertes et destruction des nids secondaires.

Actuellement, et selon les données scientifiques acquises à ce jour, il n’existe pas de pièges efficaces et sélectifs contre les frelons asiatiques. Il convient de limiter l’impact du piégeage sur les espèces non ciblées en respectant les indications et précautions qui suivent. Ces recommandations sont susceptibles d’évoluer en fonction de l’avancée des connaissances scientifiques.

QUELQUES NOTIONS :

La reine, femelle fondatrice du frelon asiatique « vespa velutina » mesure jusqu’à 3,2 cm. Sa durée de vie est d’une année. Chaque reine fonde sa propre colonie au printemps, à partir de mars et jusqu’à début août.

Une fondatrice débute seule l’implantation d’un nid, dit « primaire » ; Elle construit, pond, chauffe, puis alimente les premières larves … Au bout d’environ 45 jours, c’est la naissance des premières ouvrières. Lorsque la population devient plus importante (environ 200 individus), 80% des colonies déménagent pour fonder un nid « secondaire » à proximité, et délaissent progressivement le nid primaire. (20% restent sur place et transforment progressivement leur nid en « secondaire » : allongement, accroissement et basculement de l’entrée sur le côté). Ces nids secondaires, la plupart du temps installés haut et cachés par le feuillage, sont difficilement détectables.

Vers la fin du mois de septembre l’élevage de nouvelles femelles fécondables, ainsi que des mâles, plus nombreux, s’enclenche au sein du nid de frelons asiatiques en vue de l’année suivante. D’octobre à décembre, les fondatrices, quittent le nid pour être fécondées ; Elles se dispersent et « s’engraisse » par une grosse consommation de « sucré » pour préparer l’hivernage ; Elles passent l’hiver en diapause dans un endroit abrité (cavités, murs en pierre sèches, tas de bois, ruches), et sortent au printemps pour fonder de nouvelles colonies. La fondatrice est donc la cible à localiser au printemps : Chaque destruction de fondatrice en début de saison représente potentiellement un nid de frelons asiatiques en moins, l’été venu. Cependant il y a une forte concurrence à l’implantation et toutes les fondatrices ne réussissent pas à créer un nid.

NB: La diapause est une phase génétiquement déterminée dans le développement d’un organisme au cours de laquelle celui-ci diminue l’intensité de ses activités métaboliques.

IMPACT SUR LES RUCHERS :

L’objectif est de faire baisser la pression de prédation sur les ruchers, en limitant l’implantation des nids à proximité. Le piégeage de printemps est à privilégier sur les ruchers fortement prédatés l’année précédente, ainsi que dans les secteurs où des nids ont été repérés antérieurement.

PÉRIODES POUR PIÉGER AU PRINTEMPS :

  • Entre le 1er février et le 31 mai – rien ne presse au début, attendre de bonnes conditions météos.
  • Piégeage des reines fondatrices, pour éviter la construction de nids primaires.
  • Débuter et arrêter le piégeage en fonction de la climatologie, des températures (minimum 12 degrés)mais aussi suivant les quantités piégées d’espèces non ciblées.
  • Penser aussi à chercher, aux mêmes périodes, les nids primaires chez soi au plafond des abris favorables.
  • Intervenir éventuellement lors des premières prédations devant les ruches, effectuées par les fondatrices.

OÙ INSTALLER LES PIÈGES ?

Un maillage régulier des pièges est nécessaire autour du rucher à protéger : 1 à 2 pièges par rucher ou pour un rayon de 500 m. Les pièges doivent être espacés régulièrement. Il est utile de les surveiller et de relever les insectes piégés une fois par semaine. Bien noter la présence des nids de l’année précédente pour cibler les zones à piéger au printemps.

CONSEILS POUR INSTALLER ET GÉRER UN PIÈGE :

  • Au soleil, avec des pièges possédant si possible des entrées et sorties sélectives.
  • À côté d’une source de nourriture (fleurs printanières, arbres et arbustes mellifères en fleur…) ou d’une source d’eau ou d’un rucher, dans les secteurs d’anciens nids.
  • Ne pas hésiter à déplacer le piège en fonction de la floraison et de son attractivité.
  • Orientation des entrées, à l’abri, Sud / Sud-Est ou dans l’axe des vents dominants.
  • Veiller à la commodité pour l’introduction de l’appât et son renouvellement.
  • Renouveler l’attractif toutes les semaines (7 à 10 jours). Vider régulièrement le piège des vieux frelons capturés sans rincer, pour conservation des phéromones. Transvaser les frelons vivants et laisser aussi quelques frelons morts en bon état.
  • Si vous utilisez un attractif liquide sucré et alcoolisé, placez un grillage séparant l’intérieur du piège et le liquide pour éviter les noyades.

PIÈGES UTILISES :

Dans le cadre du Plan National Frelon (PNF), les pièges doivent être les plus sélectifs possibles. Utilisez des pièges à sélection physique de type nasses avec cônes d’entrée.

Le piège japonais

Illustration d'un piège japonais

Le piège coréen à ailes

Illustration d'un piège coréen à ailes

Le piège nasse Néoppi

et plus généralement les pièges de petite taille, à sélection physique de type nasses, équipés de cônes d’entrée, afin de retenir les fondatrices et ouvrières en laissant échapper un maximum d’espèces non ciblées. L’orifice d’entrée doit être adapté à la taille du frelon asiatique et exclure l’entrée d’insectes plus gros (ex : Frelon européen).

Cette année à nouveau le GDSA 30 met à disposition des piégeurs de son Réseau « piégeage FA » des pièges coréens au tarif préférentiel de 15€. Idéalement chaque piégeur doit gérer deux pièges par commune et au maximum sur trois communes. La demande de pièges se fait au verso du Bulletin d’Adhésion.

Eviter les pièges peu sélectifs de type « cloche », avec une solution liquide entrainant la noyade des insectes : leur impact sur le reste de l’entomofaune est trop important.

NB : L’entomofaune désigne la totalité de la population d’insectes présents dans un milieu.

APPÂTS SUCRÉS À PRIVILÉGIER AU PRINTEMPS :

  • 1/3 sirop de cassis ou grenadine + 1/3 bière + 1/3 vin. ( ou même, éventuellement, sans le vin ).
  • Éviter les brèches de cires et le miel pour des raisons sanitaires, même si un grillage protège l’appât.
  • Dans un piège, les frelons vivants en attirent d’autres. L’appât va attirer des frelons, qui vont ensuite eux-mêmes attirer d’autres frelons, grâce aux phéromones qu’ils produisent.
  • D’autres appâts peuvent être expérimentés tels que jus de pomme, pâte de coing …
  • Une nouvelle formule semble aussi donner satisfaction par fermentation de levure ; proportion de la préparation : 1l d’eau – 400g de sucre – 10g de levure fraîche de boulanger (laisser fermenter 2 jours avant utilisation).

ACTEURS DU PIEGEAGE DE PRINTEMPS :

L’intérêt d’un Réseau de piégeage réside dans le partage et la synthèse des informations, la coordination des actions. Il permet une vue d’ensemble des résultats et autorise des conclusions plus fiables.

  • Les piégeurs, participant au Réseau de Lutte FA du GDSA 30, sont en général des apiculteurs, mais peuvent être également de simples personnes sensibilisées à l’impact néfaste du Frelon Asiatique sur la Biodiversité.
    La remontée des données du plus grand nombre permet de constituer un fichier de bilans, riche d’indicateurs utiles à tous (quantitatifs, qualitatifs, et géographiques). Un coordonnateur du Réseau de piégeage : Alexandre DUHAMEL, qui reste en étroite relation avec « lefrelon.com ». Il anime le Réseau et peut dispenser des informations complémentaires. Il initiera un questionnaire ponctuel sur les points déjà cités (date de la première capture, à noter – appâts utilisés qui donnent satisfaction – caractéristiques des implantations de vos pièges …). Il sera destinataire des informations ou commentaires individuels pouvant éclairer le Réseau. Il pourra les regrouper et les partager avec tout le Réseau. Il réalisera un Bilan de fin de période qui sera adressé à tous les piégeurs. Une adresse de messagerie entre piégeurs et coordonnateur du Réseau piégeage FA GDSA 30, a été mise en place afin de faciliter le traitement des informations : gdsa30.piegeagefa@gmail.com
    En cas de nécessité un appel téléphonique au 06 25 11 88 09 permettra de résoudre une situation particulière. Le Président du GDSA 30 : Il assume la représentation du réseau de piégeage auprès des organes extérieurs et la liaison de celui-ci avec les autres actions du Réseau de Lutte FA du GDSA 30.

  • Respecter les consignes collectives (bonnes pratiques) pour la mise en place et la conduite des pièges.
  • Respecter les périodicités du piégeage de printemps : calendrier – recharges – relevés sur lefrelon.com.
  • Noter les captures lors de la recharge de son (ou ses pièges) au mieux une fois par semaine.
  • Totaliser les captures (un seul total par commune et par piégeur).
  • Inscrire, au moins tous les 10 jours, ses relevés (même 0 capture) dans son « espace piégeages » du site « lefrelon.com » (créer son compte de connexion à l’avance). Il est utile de maintenir sa stratégie de piégeage tout au long de la campagne de printemps
  • Les relevés doivent être réguliers.
  • La réponse 0 capture est utile statistiquement et doit donc aussi être renseignée.
  • N’inscrire qu’un seul piège (global) par commune quel que soit votre nombre réel de pièges. Si vous installez des pièges sur d’autres communes, inscrire un autre piège (global) pour chaque commune.
  • Répondre occasionnellement aux enquêtes initiées par le coordonnateur (date de la première capture, à noter – appâts utilisés qui donnent satisfaction – caractéristiques des implantation de vos pièges …).
  • Eventuellement recruter et former de nouveaux piégeurs pour mieux « couvrir » son secteur, et plus généralement faire connaître et partager ses initiatives locales visant le même objectif.